13/12/2011

DOCU : Manipulations, une histoire française

Un ptit mot : C'est avec énormément de joie que BERSERK publie aujourd'hui Manipulations, une histoire française. Sans doute un des meilleurs docu qu'on ai vu cette année! (Réalisé par l'homme qui nous avait donné l'excellent "La mise à mort du travail") Il revient sur 30 ans de magouille au sommet de l’État français, mêlant politiques, industriels de l'armement et services secrets. Si vous n'avez jamais rien compris à toutes ces sombres histoires, de l'affaire Elf et l'Angola gate, à celle des frégates de Taïwan, en passant par Clearstream II et Karachi, et bien voilà, vous n'avez plus d'excuse. Attention, tout ne sera pas "cristal clair" mais encore une fois, en 6 heures, vous en apprendrez plus qu'en une vie de Pujadas et consœur. Si vous ne savez pas, vous ne pouvez pas comprendre, si vous ne comprenez pas vous irez voter! Si vous comprenez, vous irez construire une guillotine!!!

On tiens vraiment à remercier DokenStok.net qui nous a permis de mater cette série exceptionnelle chaque semaine! Pour l'occasion on remercie aussi l'utilisateur "Manipulations Clearstream" sur Youtube, qui a mis le tout est ligne, en streaming sur youyou!

BON PUTAIN DE DOCUMENTAIRE A TOUS

"Cette série est le fruit d’une longue enquête. Construite comme un thriller, elle propose une plongée dans le monde fermé de la grande finance, au centre du lobby militaro-industriel, au cœur du pouvoir exécutif ou dans le secret de la magistrature. Le combat de deux monstres politiques. C’est ainsi que l’affaire Clearstream a jusqu’alors été racontée. Elle est bien plus que cela. C’est une certaine histoire de France, celle du dernier quart de siècle. L’histoire d’une France au temps de la mondialisation des capitaux, de l’émergence d’une Europe de la défense, de la violence des luttes de pouvoir et des relations dangereuses entre politiques et vendeurs d’armes."

Synopsis (celui-ci et les autres) : DokenStok.net

Réalisé par Jean-Robert Viallet 

Episode 1 : Au commencement, le troisième homme

Pierre Péan et Vanessa Ratignier marchent sur les pas des deux personnages clé de l’affaire Cleastream, Imad Lahoud, ancien trader et Jean-Louis Gergorin, stratège chez EADS.En mai 2002, Imad Lahoud sort de prison.Descendu au plus bas de l’échelle sociale après une affaire d’escroquerie, il va néanmoins opérer une ascension fulgurante au sein des services secrets français…



Episode 2 : Clearstream, la banque des banques

Pour trouver Ben Laden, Imad Lahoud a besoin de l’annuaire des comptes bancaires de la « chambre de compensation » : Clearstream. C’est l’instrument mis en place par toutes les banques du monde pour centraliser et mémoriser l’ensemble des opérations de transferts de capitaux sur terre. Un journaliste en a décrypté les rouages : Denis Robert. Son livre, publié en 2001, décrit comment le mécanisme peut être détourné afin de blanchir de l’argent…



Episode 3 : Jean-Luc Lagardère : le scenario noir

Imad Lahoud démontre à Jean-Louis Gergorin que des mouvements suspects sur le titre Matra ont bien eu lieu dans les semaines précédant la mort de Jean-Louis Lagardère. Comment ? Grâce aux listings Clearstream. Ceux-ci laissent apparaître le nom d’Alain Gomez, le P-Dg de Thomson. Mais voilà qu’au fil des jours, d’autres noms surgissent, comme celui d’Andrew Wang, l’intermédiaire de Thomson dans le contrat des frégates de Taiwan…



Episode 4 : Taïwan : naissance de la zone grise

La DGSE commence à sérieusement douter d’Imad Lahoud. Or, en mars 2003, Jean-Luc Lagardère, le patron de EADS, décède subitement. Profondément ébranlé par la mort de son patron, Jean-Louis Gergorin soupçonne un assassinat. Pour tenter de comprendre sa paranoïa , il faut revenir sur une décennie de restructurations de l’industrie française d’armement.



Episode 5 : Karachi et le trésor de guerre

Janvier 2004, définitivement convaincu que la mort de Jean-Luc Lagardère s’explique par des systèmes de corruption, Jean-Louis Gergorin se rend au Quai d’Orsay pour en informer Dominique de Villepin pour lancer une grande enquête. Or, quelques jours plus tard, Imad Lahoud apporte de nouveaux listings Clearstream où apparaît un autre réseau de corruption qui impliquerait d’autres personnalités politiques proches de la guerre des droites de 1993-1995, à un supposé trésor de guerre des balladuriens et dans les méandres de l’affaire Karachi…



Episode 6 : La République des mallettes

Sixième et dernier volet de l’enquête de Pierre Péan et Vanessa Ratignier. Le nom de Nicolas Sarkozy figure sur les listings. Sans plus attendre, Gergorin les transmet anonymement au juge Van Ruymbeke. «Le Point» en fait sa une en juillet 2004. Le feuilleton médiatique commence alors que le juge découvre que les listings sont faux. Au passage, Denis Robert est traîné dans la boue. La logique judiciaire oblige chacun à sauver sa peau. Nicolas Sarkozy promet de châtier le coupable. Deux procès délivrent une vérité judiciaire, mais le mystère plane toujours autour du mobile du falsificateur Imad Lahoud.

09/12/2011

DOCU : Le Conflit au Congo - La Vérité Dévoilée

Le Conflit au Congo : La Vérité Dévoilée explore le rôle joué par les Etats-Unis et leurs alliés rwandais et ougandais dans le déclenchement de la plus grande crise humanitaire à l'aube du 21ème siècle. Ce film est la version écourtée d'un long métrage qui sortira prochainement. Il replace le Congo dans un contexte historique, social et politique. Le film dévoile des analyses et prescriptions inaccessibles au grand public formulées par d'éminents experts, praticiens, militants et intellectuels. Ce film est un appel à la conscience et à l'action.

Des millions de congolais ont perdu la vie dans un conflit que les Etats-Unis décrivent comme le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les alliés des Etats-Unis, le Rwanda et l'Ouganda ont envahi le Congo (ex-Zaïre) en 1996, puis en 1998, provoquant ainsi la mort de millions de personnes, ainsi que des violences sexuelles et des viols systématiques et un pillage généralisé des spectaculaires ressources naturelles du Congo.

Le conflit actuel, les faibles institutions, la dépendance et l'appauvrissement du Congo sont le produit de plus de 125 années d'une tragique expérience d'esclavage, de travail forcé, de colonialisme, d'assassinats, de dictatures, de guerres, d'interventions étrangères et de pouvoir corrompu. Les analystes interviewés s'interrogent sur le rôle des politiques des compagnies privées américaines et du gouvernement américain, qui soutiennent des hommes forts et favorisent le profit au détriment du peuple, dans l'exacerbation de cette tragique instabilité en plein cœur de l'Afrique.

Synopsis : ICI

09/12/2011

DOCU : Le monde selon Gazprom

Atouts, enjeux, stratégies... Entre Occident et Asie, une grande enquête inédite sur Gazprom, entreprise colossale pilotée par le Kremlin qui règne sur un tiers des réserves mondiales de gaz et affiche désormais sa volonté de puissance.

Gazprom, conglomérat industriel et financier créé en 1992, constitue l'arme maîtresse de la stratégie géopolitique du Kremlin. Premier producteur de gaz naturel, la Russie détient en effet un tiers du total des réserves mondiales. Chargée de le produire, de le distribuer et de le vendre, Gazprom est une société pas comme les autres, où oeuvrent des professionnels des marchés gaziers, mais aussi des ministres, des députés, et des conseillers proches du président russe. C'est lors de l'hiver 2005/2006 que l'Europe, qui achète 30 % de son gaz à la Russie, a pris soudain conscience de sa vulnérabilité. Comment ? Du jour au lendemain, la Russie venait de couper l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine pro-occidentale de Viktor Iouchtchenko, qui refusait de payer des tarifs multipliés par cinq. Depuis, la hausse continue des prix du pétrole, couplée à une demande chinoise toujours plus importante, est venue confirmer le rôle clé que ses hydrocarbures confèrent à la Russie. Des ressources dont Poutine et son entourage ont su reprendre le contrôle intégral et dynamiser l'exploitation. Le monde selon Gazprom est une visite guidée inédite et exclusive d'un empire en pleine expansion.

INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

"La verticale du pouvoir"
Après des mois de tractations, Alexandre Dolgorouky a vu s'ouvrir les portes de Gazprom et a pu s'entretenir avec ses plus importants représentants, d'Alexandre Medvedev, chargé des exportations, à Victor Tchernomyrdine, l'ancien n°1 devenu ambassadeur à Kiev - à l'exception du président du groupe, Alexeï Miller, qui refuse de parler aux médias. Le réalisateur s'est également rendu à Novyi Urengoï, en Sibérie, ville-vitrine prospère bâtie autour de l'extraction du gaz. Il a suivi enfin les principales négociations internationales autour de Gazprom, d'un projet de gazoduc divisant l'Union européenne aux débats de l'Organisation de coopération de Shanghai, en passant par les appels du pied de Total et l'idée récemment émise d'une OPEP du gaz. En donnant largement la parole à certains des principaux artisans de Gazprom, cette enquête permet de comprendre ce que signifie "la verticale du pouvoir" selon Vladimir Poutine.

Synopsis et article : Arte.tv

30/11/2011

DOCU : Le temps de cerveau disponible

Cruauté, violences psychologiques et sexuelles, humiliations : la téléréalité semble devenue folle. Son arrivée au début des années 2000 ouvrait une nouvelle ère dans l'histoire de l'audiovisuel. Cinquante ans d'archives retracent l'évolution du divertissement : comment la mise en scène de l'intime, dans les années 80, a ouvert un nouveau champ, comment la privatisation des plus grandes chaînes a modifié le rapport au téléspectateur. A l'aide de spécialistes, dont le philosophe Bernard Stiegler, ce documentaire démontre comment l'émotion a fait place à l'exacerbation des pulsions les plus destructrices.

Synopsis : Télé Loisir

30/11/2011

DOCU : Après la gauche

Qu'est-ce qu'être de gauche aujourd'hui? Après la gauche répond à cette question essentielle en interrogeant de grandes figures de la pensée contemporaine qui procèdent à un diagnostic sans complaisance de la gauche aujourd'hui, soulignent les avancées et les espoirs que suscitent les luttes sociales et réaffirment avec force la nécessité de penser l'utopie. De la disparition de l'URSS à la dernière crise financière, Après la gauche est un voyage à travers vingt années qui ont profondément bousculé la Gauche, mais ce film est aussi un acte de résistance.

Synopsis : Passion Cinéma

Réalisé par Jeremy Forni

Télécharger le docu ici : http://www.filesonic.be/file/2286976714

25/11/2011

DOCU : Psywar : L'esprit est le véritable champ de bataille

PsyWar is a documentary exploring the use of corporate and government public relations (PR) as a means of manipulating the American people. It looks at how PR is used to not only distract the public from current issues, but also as a means to create backing for desired goals.

The film includes interviews with Noam Chomsky, Howard Zinn, Michael Parenti, Peter Phillips (Project Censored), John Stauber (PR Watch), Christopher Simpson (The Science of Coercion) and others.

It provides a history of propaganda and covers the issues of Iraq, the rescue of Private Jessica Lynch, the removal of the Saddam Hussein statue in Iraq, the Pentagon pundit scandal, the activities of the Rendon Group, and more.

Synopsis : Communication Studies

Réalisé par Scott Noble

24/11/2011

DOCU : La déferlante anti islam , enquête sur la nouvelle extrême droite

Qui sont les membres de l'English Defence League ? A première vue, ce sont des Anglais aux cheveux très courts et abreuvés de bière qui crient à tue-tête. Ce sont en fait des activistes qui hurlent leur haine de l'islam. Leur mouvement politique a été créé il y a deux ans par d'ex-membres d'un groupuscule néo-nazi. En Suisse, Oskar Freysinger milite-t-il contre l'implantation des musulmans dans son pays ? Il est l'homme du référendum contre les minarets. Aux Pays-Bas, le leader ultra nationaliste Geert Wilders a réalisé un excellent score aux dernières élections. Il a été poursuivi pour avoir comparé le Coran aux écrits d'Hitler. Partout en Europe, l'extrême droite semble bénéficier d'une audience déconcertante. Qui sont ceux qui animent ses rangs ?

Synopsis : Télé Loisirs

De Mathias Hillion et Karim Rissouli 

24/11/2011

DOCU : City de Londres, la finance en eaux troubles

Mathieu Verboud propose une enquête sur l'un des plus importants paradis fiscaux méconnu du grand public : la City de Londres.

Comment a-t-elle réussi à être un des acteurs majeurs de la dérégulation financière, des bonus extravagants, de la culture du profit à court terme, de la fiscalité douce mais aussi du secret bancaire, de l'évasion fiscale et du blanchiment d'argent ?

Il est vrai que l'endroit est particulier : la City n'est pas un "borough" comme les 32 autres quartiers de Londres, il jouit de nombreux particularismes : les électeurs sont les personnes physiques et morales installées dans le borough, le Lord Mayor de la City dispose d'une large autonomie par rapport à la ville de Londres, notamment en matière de police, etc.

Le film montre comment l'organisation discrète de la City, avec ses us et coutumes étranges, lui permet de peser sur toutes les velléités politiques de réguler le monde de la finance et même, quand c'est son intérêt, de pouvoir mettre à genoux des Etats, comme cela a été le cas avec la Grèce récemment.

Synopsis: France 5

Réalisé par Mathieu Verboud

08/11/2011

DOCU : Zambie : A qui profite le cuivre?

En mai 2011, la plus puissante société de négoce de matières premières, "Glencore", ouvre une partie de son capital aux bourses de Londres et Hong-Kong, rompant avec 37 ans de tradition du secret. La multinationale espère ainsi dégager entre 9 et 11 milliards de dollars.
C'est la troisième plus grande introduction en bourse jamais réalisée en Europe. Le géant suisse, premier fournisseur de cuivre au monde, exploite l'or rouge de Zambie.
La mine de Mopani est sa plus importante source directe de cuivre. Pourtant, depuis dix ans, elle est déficitaire et ne paie plus d'impôt sur ses bénéfices à la Zambie, un des pays les plus pauvres du monde. La méthode d'extraction, financée avec des fonds d'aide au développement, est efficace mais extrêmement dangereuse.
Un groupe d'habitants a choisi de se battre : ils veulent porter plainte contre Glencore et mettre fin à la pollution qui ravage leur ville.
Savior Mwambwa, un économiste zambien, et une activiste française vont les aider à réunir les preuves qui permettront l'ouverture d'un procès. Tout au long de leur enquête, de la Suisse à l'Afrique, ils ont également réussi à prouver une évasion fiscale à grande échelle.
En avril 2011, cinq ONG ouvrent un procès à l'encontre de Glencore pour violation des principes de l'OCDE... 
(Synopsis: France 5)

AUDREY GALLET, ALICE ODIOT ET STEPHANE HOREL
52 minutes - YAMI 2 | FRANCE TÉLÉVISIONS - 2011

21/10/2011

DOCU : All Watched Over by Machines of Loving Grace

Le dernier Adam Curtis!!!! Il y est question de machine, de cybernétique, de système, de manières de concevoir le monde, de réseaux, de stabilité de régulation et je crois que c'est à peu près tout. A voir absolument!

A powerful, provocative series from celebrated filmmaker Adam Curtis, which argues that humans have unwittingly been colonised by machines.

A series of films exploring the idea that we have been colonised by the machines that we have built, seeing everything in the world today through the eyes of computers.

Episode One: Love and Power

A dream rose up in the 1990s that computers could create a new kind of stable world, bringing about a new kind of global capitalism free of all risk and without the boom and bust of the past. They would also abolish political power and create a new kind of democracy through the internet where millions of individuals would be connected as nodes in cybernetic systems – without hierarchy. This episode tells the story of two perfect worlds.

One is the small group of disciples around the novelist Ayn Rand in the 1950s. They saw themselves as a prototype for a future society where everyone could follow their own selfish desires. The other is the global utopia that digital entrepreneurs in Silicon Valley set out to create in the 1990s. They were joined by Alan Greenspan who became convinced that the computers were creating a new kind of stable capitalism – “Like a new planet,” he said. But the dream of stability in both worlds would be torn apart by two dynamic human forces: love and power.

Episode Two: The Use and Abuse of Vegetational Concepts

This is the story of how our modern scientific idea of nature, the self-regulating ecosystem, is actually a fantasy based on cybernetic ideas that were projected on to nature in the 1950s by ambitious scientists. A static machine theory of order that sees humans, and everything else on the planet, as components, cogs in a system. But in an age disillusioned with politics, the self-regulating ecosystem has become the model for utopian ideas of human "self-organising networks" – dreams of new ways of organising societies without leaders, as in the Facebook and Twitter revolutions, and in global visions of connectivity like the Gaia theory.

This powerful idea emerged out of the hippie communes in America in the 1960s, and from counterculture computer scientists who believed that global webs of computers could liberate the world. At the very moment this was happening, the science of ecology discovered that the theory of the self-regulating ecosystem wasn’t true. Instead they found that nature was really dynamic and constantly changing in unpredictable ways. But the dream of the self-organising network had by now captured our imaginations.

Episode Three: The Monkey in the Machine and the Machine in the Monkey

This film argues that because our political dreams seem to have failed, we have retreated into machine-fantasies that say we have no control over our actions, to excuse our failure. At its heart is one of the most famous scientists in the world, Bill Hamilton, who argued that human behaviour is really guided by codes buried deep within us. This was later popularised by Richard Dawkins as "the selfish gene" and said that individual human beings are really just machines whose only job is to make sure the codes are passed on. The episode begins in 2000 in the jungles of the Congo and Rwanda.

Hamilton is there to help prove his dark theories. But all around him the Congo is being torn apart by "Africa’s First World War". The film interweaves the two stories – the strange roots of Hamilton’s theories, and the history of the West’s tortured relationship with the Congo over the past 100 years.
(Synopsis : sbs.com)

Réalisé par Adam Curtis





10/10/2011

DOCU : Antifa - Chasseurs de skins

Paris début 80 le mouvement Skinhead arrive en France, et s'apprête à défrayer la chronique pour la décennie à suivre, à coup de provocations et de crimes racistes. Des bandes se forment et se lancent dans une véritable guérilla urbaine pour contrer l'offensive fasciste. Ils sont les Red Warriors, les Ducky Boys ou les Ruddy Fox. Les jeunes parisiens vont les surnommer " chasseurs de skin ". Leur motivation : combattre le fascisme et les actes racistes par tous les moyens nécessaires quitte à retourner contre leurs adversaires la violence qu'ils emploient. ANTIFA est non seulement l'histoire d'une culture, le mouvement skinhead mais aussi l'histoire des bandes qui ont créé un antifascisme autonome, urbain et ultra violent aujourd'hui reconnu partout en Europe. À travers des interviews exclusives, les membres des principales bandes antifa reviennent sur leur engagement et livrent leur témoignage sur la situation de la jeunesse des rues 20 ans auparavant. À l'aide d'archives exceptionnelles "ANTIFA " porte un regard sur une période charnière, celle d'une génération entre la fin du rock et le début du rap, dont les maux étaient déjà annonciateurs des tentions urbaines d'aujourd'hui.
(Synopsis : Allociné)

De Marc-aurèle Vecchione

13/09/2011

DOCU : Islam, Antéchrist et jambon beurre

Depuis les attentats de New York en 2001, la paranoïa de certains Américains envers les musulmans ne cesse de croître. Celle-ci est notamment alimentée par des réseaux profitant de ce terreau pour propager des idées d'extrême droite. Ainsi, l'organisation «Stop the Islamisation», qui relaie moult rumeurs, comme celle annonçant la construction par les djihadistes d'une mosquée sur les ruines du World Trade Center. L'organisation a maintenant ses propres ramifications en Europe, entretenant un climat de haine. En France aussi, la peur de l'Islam a généré des manifestations regrettables. En 2010, sous prétexte qu'il n'était plus possible d'acheter du jambon dans un quartier parisien, une opération «apéro saucisson et pinard» était ainsi organisée.

De Paul Moreira

Synopsis Télé Loisir
http://www.programme-tv.net/programme/culture-infos/2939941-islam-antechrist-et-jambon-beurre/

09/09/2011

DOCU : The Antics Roadshow

« The Antics Roadshow » s'inaugure par de récentes images des émeutes londoniennes, immédiatement mises en perspective par une histoire subjective de l'anarchie et de la désobéissance civile.
Dans cette compilation d'images d'archives, on sent naturellement toute la sympathie de Banksy pour ces provocateurs, anars et autres clowns excentriques.
Parmi eux, on trouve Michael Fagan, trentenaire anglais au chômage, qui escalada un mur de Buckingham Palace un jour d'été de 1982 pour atterrir dans la chambre de la reine : la reconstitution bouffonne de la scène laisse place à l'émotion médiatique des chaînes de télé anglaise.
Plus loin, le Français Rémi Gaillard et ses potes courent dans des supermarchés ou sur le green d'un golf, déguisés en personnages de jeux vidéo. Plus loin encore, des aficionados de l'exhibitionnisme parcourent les rues et stades de foot dans le plus simple appareil. Même la paire de chaussure esquivée in extremis par George W. Bush en pleine conférence de presse n'est pas oubliée. Les 48 minutes du documentaire sont disponibles sur le Web en intégralité.
L'intérêt du propos est notamment dans les réponses que les gouvernements réservent aux provocateurs : de la prison ferme pour les artistes activistes russes du groupe Voina, au whisky qu'on proposa à Michael Fagan.
Synopsis Rue89
http://www.rue89.com/tele89/2011/08/16/banksy-pour-une-histoire-de-la-desobeissance-et-de-lanarchie-218038

29/08/2011

Vidéo : ITEOTWIWKIAIFF - Everything Must Go!

Si vous ne connaissez pas encore le stimulator, c'est l'occasion! Il rentre de vacances en pleine forme et redémarre en force avec les émeutes anglaises et un messages spécial pour les Anonymous. Il parait qu'il passera en Europe cette automne, probablement avec son film END:CIV dans ses valises! C'est un documentaire à voir absolument et on vous conseille même de l'acheter histoire de donner un coup de pouce à cet enragé!

27/08/2011

Telecomix, les empêcheurs de censurer en rond

28 janvier 2011. L’état égyptien coupe Internet. L’interruption est d’une ampleur jamais vue. Dans les coulisses du réseau, une poignée de citoyens, du monde entier, tentent de bricoler des alternatives pour permettre aux Egyptiens de communiquer. Aux premières lignes se trouve une entité aux contours fluides et mouvants, Telecomix.

Ils ont appelé ça le Vendredi de l’Obstination. Ce 8 juillet, des milliers de manifestants se sont amassés sur la Place Tahrir et ont hurlé, près de cinq mois après la chute de Hosni Moubarak, un mécontentement abondamment nourri par l’incapacité de l’armée à réaliser les réformes promises. Dès le jeudi soir, des centaines de jeunes chantaient : « Anas al-Fiqqi a été déclaré innocent. Avez-vous déjà vu pareille audace ? »
Al-Fiqqi, ancien ministre de l’information, a été acquitté, le 5 juillet, après avoir été accusé de détournement d’argent public pour financer les campagnes électorales du Parti national démocratique, la formation de Moubarak dissoute au mois d’avril. Dans la même affaire, deux autres ex-ministres ont également bénéficié d’un acquittement.
Au-delà de la simple dénonciation de ces jugements, la manifestation avait pour objet principal de réclamer une poursuite judiciaire publique à l’encontre de Hosni Moubarak et d’offrir justice aux familles des « martyrs de la révolution ». Fin mai, le raïs déchu, toujours hospitalisé à Charm-el Cheikh, écopait d’une première condamnation : une amende pharaonique de 23 millions d’euros pour compenser les revenus perdus suite à sa décision de couper l’accès à Internet et à la téléphonie mobile en Egypte.
Le 28 janvier 2011, les principaux fournisseurs d’accès s’aplatissaient devant les injonctions du gouvernement égyptien et suspendaient leurs services, causant une chute de plus de 90% du trafic dans le pays. « Je n’ai jamais vu une coupure à cette échelle. Fondamentalement, c’est comme si vous redessiniez la carte et ils (les Egyptiens) ne constituent désormais plus un pays », dira dans la foulée Jim Cowie, responsable technologique chez Renesys, une compagnie américaine qui ausculte le trafic internet.

Une désorganisation s’en mêle
Durant cinq jours, les 20 millions d’utilisateurs du net (sur 80 millions d’habitants) et les 55 millions de détenteurs de portables ont été privés de communication. Ou presque. Il n’aura, en effet, fallu que quelques heures pour qu’une mobilisation d’un type nouveau s’active, dans les coulisses du réseau, pour tenter de littéralement « hacker » (c’est-à-dire détourner) cette coupure unilatérale et de bricoler des solutions pour permettre aux Egyptiens d’à nouveau communiquer.
Aux premières lignes de ce mouvement se trouvaient les agents de Telecomix. Tele quoi ? Pour tenter de définir cette entité a priori étrange, il faut d’abord commencer par dire ce qu’elle n’est pas. Telecomix n’est pas une organisation. Telecomix n’a pas de leaders, ni de voix commune. Telecomix n’a pas de plan d’action fixe.
« Telecomix est une désorganisation sans système d’adhésion formelle ni de bureaucratie dans laquelle un groupe éparpillé de volontaires délivrent un soutien technique et communicationnel »
explique Peter Fein, du fin fond des montagnes de l’état américain de Washington.
Depuis 9 mois, Fein, programmeur, vététiste et amateur de yoga, travaille bénévolement et à plein temps comme agent de Telecomix. Quitte à grignoter férocement sur ses économies. Il insiste : il n’est en rien un porte-parole et ne parle qu’en son nom. En conférence, il montre souvent une vidéo de la révolte tunisienne.
« Sur cette vidéo, on voit un lance-flammes, utilisé pour disperser les protestataires. Ce que je trouve incroyable, ce n’est pas tant les violations des conventions de Genève que les téléphones qui filment. Les gens essayent désespérément de montrer au monde ce qu’il se passe. Voilà pourquoi l’information doit être libre, accessible directement à partir de cette vidéo de portable, graineuse et glorieuse. Si l’on ne peut pas voir, on ne peut pas agir. »
Depuis quelques mois, Fein et les autres agents de Telecomix offrent un soutien technique aux citoyens impliqués dans les révoltes moyen-orientales. Et ce dès l’aube des grondements tunisiens, au moment où ils exfiltrèrent des vidéos de Tunisie quand Ben Ali tentait de bloquer leur publication sur Facebook. Les actions en Egypte demeure sans doute leur fait d’arme le plus connu.
« Il y a eu deux facettes à cette opération. La première concernait le moment où seulement certains sites étaient bloqués, comme Twitter ou Facebook. A ce moment-là, nous avons mis en place des miroirs [1] et des proxys [2] pour publier certaines vidéos qui n’étaient plus accessibles, on a également utilisé Tor [3] et des VPN [4], on a eu des Egyptiens sur notre chat IRC et on leur a proposé de tweeter pour eux. Le 28 janvier, à la coupure d’Internet, tout est devenu plus ‘challenging’. On a essayé une quantité de choses. Nous avons tenté de communiquer par les ondes radio, mais sans beaucoup de résultats. Ce qui a le mieux marché, c’est la mise en place, avec l’aide de fournisseurs d’accès, de centaines de lignes d’appel pour modems classiques, étant donné que les lignes téléphoniques fixes n’avaient pas été coupées. Aujourd’hui, ces numéros sont notamment utilisés en Syrie. On a utilisé des numéros de fax pour envoyer, par exemple, des traitements pour soigner les effets des gaz lacrymogènes. »

Do-ocratie vs. Bureaucratie
Les Egyptiens, rencontrés sur le réseau (et deux en vrai, pour Pete Fein, au Sheffield DocFest), ont été « superexcités » par le coup de main. Mais les agents Telecomix ne veulent pas trop en savoir sur ceux qu’ils aident. Telecomix fonctionne sans règles ni sentences, mais la sécurité des personnes aidées est mise en avant.
« On réfléchit parfois, néanmoins, à ces principes non-écrits, à la bonne manière de faire les choses. Une autre chose qui m’importe, c’est que les solutions que nous proposons rencontrent les besoins des personnes pour qui nous travaillons. »
Au départ, les agents de Telecomix n’avaient pas prévu un plan concerté, sur le long terme, pour agir en Egypte, ni ailleurs. Lorsqu’on se promène un peu sur leur IRC, ils expliquent vite que Telecomix fonctionne sur le concept de do-ocratie (do-ocracy), une forme de structure souple dans laquelle les individus s’assignent eux-mêmes des tâches et les exécutent, en toute responsabilité. « Il suffit d’avoir des idées, et puis d’autres peuvent rejoindre, aider. Personne n’a une vue d’ensemble de tous les projets », expliquent fo0 et Menwe.
« Tout est très ad hoc. Durant l’Egypte, il y avait 500 personnes sur l’IRC de Telecomix. Au moment où je vous parle, il doit y en avoir 170. C’est fluide. L’idée d’une do-ocratie, ça vient du Burning Man [5] et ça fonctionne à rebours de la bureaucratie. On ne reçoit pas d’ordre, les décisions se prennent en faisant les choses », ajoute Pete Fein.
La pâte humaine de Telecomix est, presque naturellement, hybride. On y retrouve des hackers [6], bien sûr, mais également « des professeurs d’université en sociologie, des étudiants, des politiciens. Vous n’êtes pas obligé d’être programmeur. Bien sûr, il faut savoir se servir d’un ordinateur et après, nous vous enseignerons quelques tactiques de base. »

« Internet est sous attaque »
Comme pour confirmer le mix évoqué par Peter Fein, on croise, au détour d’une salle IRC, ehj, qui travaille auprès du parlement européen. Tomate, un « agent » allemand, résume, en quelques phrases brèves, l’essence de Telecomix.
« Telecomix est une idée. L’idée de la communication libre. N’importe quel type de communication. »
Et n’importe où. Telecomix ne limite pas son action au Moyen-Orient. Des formations en cryptographie ont déjà été données en Biélorussie et des ateliers délivrés à des ONG, à Genève, lors d’une rencontre organisée par Reporters Sans Frontières, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber-censure.
Pour Pete Fein, l’internet est,  « d’une manière générale, sous attaque. Ca varie d’un pays à l’autre. En Egypte, ils l’ont coupé. Aux Etats-Unis, on met l’accent sur la surveillance. En Chine, c’est l’extrême, la sophistication des outils de censure est, waouh, juste stupéfiante. Dans vos pays européens, l’étendue des lois proposées pour surveiller le trafic, contrôler le réseau, est inquiétante. Cela ne fait que quinze ans que les gens ont accès à internet. Ca n’a jamais été le Far West. Le réseau a développé son éthique, ses règles culturelles, qui, bien sûr, varient d’un lieu à l’autre. Mais tout ça n’était pas sujet à un contrôle étatique. Internet était une zone autonome, où les gens pouvaient se fixer leurs propres normes et maintenant, d’autres veulent revenir en arrière, récupérer le réseau. Au final, nous ne devrions pas être surpris : le même schéma se répète depuis 500 ans. Un jour, le gouvernement anglais a décidé d’octroyer des licences exclusives à certaines guildes, pour qu’elles seules puissent détenir une presse. Il a fallu trente ans entre l’invention de la radio et sa régulation gouvernementale, au grand dépit des radioamateurs. Internet subit la même chose : chaque fois que des personnes ont eu un outil de communication entre les mains, cela leur a donné des idées, le pouvoir s’est senti menacé. »
Hacker pour la liberté
Découlant tout droit des tentatives du gouvernement de prendre les rênes d’internet, les premières rencontres d’agents Telecomix sur IRC se seraient déroulées quand le Paquet Telecom, un ensemble de mesures proposées par la Commission européenne pour réguler les réseaux de communication et de services électroniques, était en voie d’adoption au Parlement européen. « Au début, détaille Ludens, l’accent était mis sur le lobbying, au niveau européen, et la sensibilisation de l’opinion publique. Ensuite, on a été rejoints par de plus en plus de personnes possédant un bagage technique, qui ont donc commencé à ‘hacker’. » Toujours au sens où les hackers l’entendent.
A tort, on pourrait être tenté d’assimiler les actions de Telecomix à celles des Anonymous, connus pour leur combat contre la scientologie et le blocage de sites tels que Visa ou Mastercard après que ceux-ci aient refusé d’admettre des dons pour Wikileaks, à la fin de l’année 2010.
« Il y a des points de comparaison valables, estime Fein. Ils opèrent aussi sur le mode de la do-ocratie et, comme nous, ils soutiennent la liberté d’expression. Je traîne parfois sur leurs channels IRC, je regarde ce qu’il se passe, mais je ne suis pas actif. Il y a parfois de la place pour des collaborations. Au final, Telecomix et Anonymous essayent tous les deux de conserver un internet libre et ouvert, mais nous le faisons différemment. Eux, soulèvent des gros drapeaux rouges et nous, nous le faisons en construisant des outils qui peuvent être utiles. »
Pete Fein s’interrompt. Il aimerait bien continuer Telecomix à mi-temps, trouver des fonds pour lancer un autre projet. « Je ne suis qu’un programmeur, je ne sais pas comment faire ça. Au final, c’est assez fantastique que j’aie pu me retrouver dans Telecomix. J’ai des compétences techniques, et être capable de les utiliser pour aider les gens à communiquer, cela ressemble un peu à un don. C’est ça, hacker pour la liberté. »

Le blog de Pete Fein : http://blog.wearpants.org/tag/telecomix/

Notes :
[1] Sur Internet, un miroir est une copie d’un autre site internet. Ils s’avèrent très utiles lorsqu’il y a un risque de censure ou de fermeture de site contenant des informations potentiellement néfastes pour un état ou une entreprise. Lorsque Wikileaks.org a été la proie d’attaques informatiques, par exemple, des centaines de sites miroir ont été mis en place.
[2] Un proxy, en anglais, peut signifier un agent, une personne, qui est habilitée à agir à la place d’une autre, une sorte d’intermédiaire. Dans le langage informatique, un serveur proxy va également servir d’intermédiaire entre un client (votre ordinateur) cherchant des ressources sur des serveurs. Il sert donc, grosso modo, de relais entre vous et internet. Imaginons, par exemple, que vous êtes Syrien et qu’on vous interdit l’accès à un site d’information contestataire en Syrie. Si le filtrage est fait à partir de l’adresse du site que vous désirez visiter, vous pouvez vous connecter à un proxy située dans un autre pays non affecté par le filtrage. Ainsi, la requête vers le site d’information s’effectuera de la Belgique vers la Syrie, par exemple, et l’accès sera possible.
[3] Tor (The Onion Router, le routeur en oignon) est un logiciel libre et un réseau ouvert qui permet de surfer anonymement. Le principe est de passer par un trajet tellement tortueux qu’il est impossible de remonter le fil de la communication. Pour ce faire, le trafic est acheminé en passant par différents relais, appelé les noeuds qui sont tenus par des volontaires. L’objectif est de tromper les tentatives de surveillance du réseau et d’analyse du trafic.
[4] VPN signifie réseau privé virtuel. En bref, un VPN est un réseau privé implanté au sein d’une infrastructure publique, comme Internet. Imaginez : vous avez une organisation qui possède un réseau local et une connexion internet. Mais vous devez souvent transmettre des documents sensibles à une succursale située à l’autre bout du monde. Utiliser Internet ne garantit pas une sécurité optimale et établir une ligne directe, propre, entre les deux lieux est onéreux. Une des solutions est donc de créer un VPN, où deux réseaux locaux vont être reliés par Internet et où les données vont être chiffrées. Le moyen de transmission (Internet) des données n’est pas sûr, mais seuls les ordinateurs appartenant aux réseaux locaux pourront les consulter.
[5] A priori, Burning Man est un festival artistique et culturel organisé chaque année depuis 1991 dans le désert de Black Rock, au Nevada. Il n’y a pas de spectateurs à proprement parler : on attend de ceux qui participent qu’ils amènent, créent ou fassent quelque chose. En réalité, Burning Man est plutôt une cité qui surgit, durant une semaine, non par la grâce d’une organisation mais par celle de ses participants-citoyens.
[6] Dans le sens où eux-mêmes l’entendent, à contre-courant d’une imagerie médiatique erronée : le hacker n’est pas celui qui s’infiltre dans les systèmes informatiques mais qui a un intérêt dans le détournement de système de toutes sortes, qui les utilisent d’une manière qui n’était pas envisagée par leurs créateurs.


Publié le 21 juillet 2011 par Quentin Noirfalisse sur Geek Politics
http://blog.lesoir.be/geek-politics/2011/07/21/telecomix-les-empecheurs-de-censurer-en-rond/

Illustration : JB_Graphics

27/08/2011

Contre toute autorité...

...Feu à volonté !

C’est la zermi couzin

Pas le temps de vivre, plus la force après des heures de taff à part pour allumer la télé, se lamenter autour de quelques verres de mauvais alcool, d’antidépresseur ou de Subutex, une petite prière et au lit. Sept heures de sommeil nerveux avant de recommencer la même journée de merde jour après jour, tout ça pour un peu de fric qui passera du porte monnaie du patron à celui du propriétaire, d’un commerçant quelconque aux caisses de l’Etat. Facile de tomber dans la dépression, facile de lâcher prise, d’accepter son sort et de se dire que rien ne vaut le coup, d’abandonner tout espoir d’autre chose, de ne plus se soucier, face à sa propre misère, du sort des autres. En quelque sorte, chacun sa merde. Hors de ma famille, de ma communauté, de mon clan, pas d’empathie, aucune solidarité. Au point où on en est, tant que le fric circule et qu’on peut en grappiller quelques miettes (allocs, petits business, minimas sociaux...) pourquoi penser au reste ? On peut aussi se créer l’illusion que la vie n’est pas si sinistre en se réfugiant dans le peu de satisfaction et de confort que la société veut bien nous laisser en échange de la paix sociale. De toute façon, avec deux mille ans d’esclavage derrière nous, pt’être bien que l’humain est fait pour vivre en cage, maître ou esclave.
Comme une caricature de ce que nous vivons tous un peu, par-ci par-là.

Poudrière

Vous vous dites peut-être que tout n’est pas si sombre, misérable et dépeuplé d’envie, ce n’est pas faux. Parfois des étincelles viennent mettre le feu à la poudrière pour prouver que ce monde n’est pas qu’un vaste cimetière peuplé de zombies. En Angleterre, il y a quelques semaines, c’est un torrent de révolte qui a ravagé les métropoles bien lisses et conformes. Il y a peu en France, et régulièrement encore, la rage rentrée du quotidien éclate à la gueule des patrons et de leurs flics avec pleine force. Clichy-sous-bois, Villiers-le-bel... La haine et la joie qui cohabitent dans un sursaut de vie. Récemment encore, ce sont les commissariats, les palais de justice, les préfectures, les prisons, les supermarchés qui ont cramé en Tunisie, Égypte, Syrie, Libye... et certainement pas pour les remplacer par des outils d’oppressions plus démocratiques.
Tout le temps éclatent des révoltes, dans les prisons, les écoles, les ateliers, les familles. Ici, un homme qui refuse les ordres de son patron ou de son sergent, là une femme qui place un boulon dans une chaîne de montage, ailleurs un enfant qui ne veut plus écouter ses profs ou un détenu qui refuse de réintégrer sa cellule.

Qui sont les idéologues ?

Ces révoltes, et même les révoltes en général, n’ont pas bonne presse. Alors on les rejette ou on les récupère. On tente de jeter le discrédit sur les émeutiers en les traitant de fous-furieux, de casseurs, de bandes, de gangs, de terroristes, manipulés par des idéologues. La révolte ne serait qu’une maladie ou un danger à traiter. On tente en même temps de jeter le discrédit sur les soulèvements en leur prêtant des intentions qu’ils n’ont pas : affrontements inter-communautaires, caractère ethnique, remplacement de dictateur etc. Ou alors on les récupère en y apposant sa propre idéologie : on dira que les révoltes au Maghreb cherchaient à instaurer des démocraties capitalistes calquées sur les modèles occidentaux, on dira que les émeutiers de novembre 2005 luttaient pour obtenir des CDI, on dira que les révoltes dans les pays placés sous tutelle du FMI ont pour but de redresser la barre économique du pays pour un capitalisme à visage humain. On récupère alors les indignés de la place Tahrir ou de n’importe quel autre endroit pour mieux rejeter les insurgés qui à côté refusent de tendre l’autre joue et rendent coup pour coup. On tente de placer des porte-paroles respectables : jeune diplômé, étudiant charismatique, avocat des droits de l’homme, politicien en exil, bourgeois philanthrope, mais tout cela n’est que piaillerie de journalistes et de politiciens.

Nous ne sommes pas bien intelligents, et pourtant. Pourtant, nous savons que tout est bien plus simple que cela. Plus que des constructions idéologiques, c’est le cœur qui nous dicte de briser cette paix, en dépit de notre petit confort. Il y a une logique implacable dans le fait de rendre les coups, de ne pas se laisser faire, de se révolter. Un réflexe vital, comme le chien qui mord la main du maître qui le bat avant de se demander s’il y a plus à perdre à la mordre qu’à se laisser battre.

Ce qu’il y a de plus sensé dans un monde insupportable c’est justement de ne pas le supporter ; et ce qu’il devrait y avoir de plus partagé entre nous, au-delà de cette misère commune, c’est bien la révolte contre cette misère, et la liberté qu’elle laisse entrevoir par les moyens utilisés et par les désirs qu’elle porte.

Ayons l’audace d’en finir avec ce monde, pour ne pas faire comme ceux qui sont morts de cette vie, persuadés que le courage consistait à la tolérer plutôt que de la défier.

La rébellion c’est la noblesse des esclaves.

Un peu de bon sens...

[Tract distribué à Paris, aout 2011.]

Publié le 26 août 2011 sur Nonfides.fr
http://www.non-fides.fr/?Contre-toute-autorite 

22/08/2011

BERSERK IS BACK : La fin de la récré

Deux mois plus tard à Veracruz. C'est avec beaucoup de joie que BERSERK fait sa rentré. On n'a pas pris de vacances, mais ça ne nous a pas empêché de faire les nomades, un peu. Entre Paris, Berlin et Bruxelles, entre les amis, les hackers, et un mi-temps rémunérateur. Le tout sans soleil, évidement. On reviens avec à peu près la même détermination qu'avant, peut être avec un peu plus d'espoir. 

Tout fout le camp à une vitesse folle et on s'en réjouit, mais on a pas l'impression que ça avance pour autant. Sous et sur les ruines, des ruines. Il y a les indignés en vacances, le retour de brun en Europe, l'automne arabe, les émeutes de l'écran plat, la crise spectaculaire télévisée, les champignons japonais, le marché unique solution, DSK,deux trois scandales avec des oligarques, des ajustements structuraux partout, fuite de pétrole, Takieddine?!, etc. Ça fait beaucoup mais au final, rien. Pour nous le mot de l'année c'est oligarchie, et on est très déçu de voir que cette notion a beaucoup de mal à s'imposer, dans les médias ça va de soi, mais également dans les esprits de ceux qui restent persuadés de vivre en démocratie. C'est dommage parce que ça devient tout de même évidant... nan?

Enfin bref on est de retour et la première chose à dire c'est qu'on est désolé, qu'on s'excuse platement et qu'on ne recommencera plus. En effet, ce ne sont pas 10 ni 11 ni 12 mais bien 13 documentaires qui n'étaient plus visibles sur le site... impardonnable! On va donc y remédier dans l'heure et après ça on pourra repartir sur de bonnes bases avec cinq ou six docu supplémentaires et sans doute quelques articles repris sur nos sites de confiance, comme à la belle époque!

Pour le reste, on constate que vous êtes assez nombreux à séjourner sur BERSERK tous les mois! Ça fait vraiment plaisir! Mais si vous voulez nous et vous faire encore plus plaisir, rejoignez la page facebook... ouais on sait... mais parce qu'en fait c'est quand même là qu'on poste le plus de trucs, articles, vidéos, photos etc... c'est quand même un peu plus simple pour nous, et au final pour vous aussi! 

Il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter une bonne rentré et une bonne fin du monde!

YOU NEED TO GO BERSERK!

22/08/2011

Docu : Collapse

Les Américains prennent généralement plaisir à entendre de bonnes nouvelles. Ils aiment à croire qu’un nouveau président réparera les vieilles erreurs, que l’énergie propre remplacera le pétrole sale, et que des idées nouvelles vont redresser l’économie. Les experts américains ont tendance à retenir leur pessimisme et à espérer le mieux. Mais est-ce que quelqu’un est préparé pour le pire ?
Michael Ruppert est un autre genre d’Américain. Ancien officier de police de Los Angeles devenu reporter indépendant, il a prédit la crise financière actuelle dans sa newsletter auto-éditée « From the Wilderness » (De la nature sauvage) à une époque où la plupart des analystes de Wall Street et de Washington étaient encore dans le déni.
Le réalisateur, Chris Smith, a toujours aimé les personnages d’outsiders dans des films comme « American Movie » et « American Job ». Dans « Collapse », Smith quitte la stylistique de ses films précédents en interviewant Ruppert dans un format qui rappelle le travail d’Errol Morris et de Spalding Gray.
Assis dans une salle qui ressemble à un bunker, Ruppert raconte sa carrière de penseur radical et énonce les crises qu’il voit venir. Il s’appuie sur les mêmes nouvelles de presse et données médiatiques que celles disponibles à tout utilisateur d’Internet, mais il leur applique une interprétation unique. Il est particulièrement passionné par la question du « pic pétrolier« , annonciateur de la fin de l’ère pétrolière, soulevée par les scientifiques dès les années 1970…
Alors que d’autres experts débattent de cette question sur un ton mesuré, Ruppert ne se retient pas de sonner l’alarme. Il dépeint un avenir qui ressemble à de la science-fiction apocalyptique.
En écoutant ce flux rapide d’opinions, le spectateur est susceptible de remettre en question cette rhétorique comme paranoïaque, ou délirante, et à ne pas savoir ce qu’il faut faire de l’extrémisme.
Smith laisse le spectateur se faire son propre jugement.

http://www.encyclovideo.net/collapse.html 

http://www.collapsemovie.com/

Réalisé par Chris Smith

22/08/2011

Docu : Perfect Storm (The England Riots)

This mini-documentary film looks at the initial causes and wider context surrounding the recent England riots. Politicians refuse to acknowledge their role in creating a deeply unfair and failing society, a perfect storm of police brutality, city poverty and austerity measures, that will only get worse unless the root problem is addressed.

Did you know for the rioters to be on par with the looting by the financial bailouts, corporate tax avoiders and Libyan invasion, they would have to repeat the same level of damage......4,320 times?

Massive credit to http://www.youtube.com/user/huntingtigers who had the balls to do what the mainstream media didn't and give a fair interview to those on the ground in Tottenham.

http://wideshut.co.uk/perfect-storm-the-england-riots-documentary/

22/08/2011

Docu : Waiting for Armageddon

America's 50-million strong Evangelical community is convinced that the world's future is foretold in Biblical prophecy - from the Rapture to the Battle of Armageddon. This astonishing documentary explores their world - in their homes, at conferences, and on a wide-ranging tour of Israel. By interweaving Christian, Zionist, Jewish and critical perspectives along with telling archival materials, the filmmakers probe the politically powerful - and potentially explosive - alliance between Evangelical Christians and Israel...an alliance that may set the stage for what one prominent Evangelical leader calls "World War III."

The film opens with portraits of three Evangelical families –James and Laura Bagg, a Connecticut couple who work as military jet-propulsion engineers, Tony and Devonna Edwards in McAlester, Oklahoma, and Dr. H. Wayne House in Salem, Oregon -- all certain that upon Christ's Second Coming they will be "raptured" or lifted into the skies to join Christ while the rest of humanity suffers for seven years during “The Tribulation."

Despite their very different lives and locations, all three families find the modern world laden with symbolism that suggests the End Times are at hand, and they proclaim the immense importance of Israel, where the battle of Armageddon will leave the earth ravaged, before Christ creates a new and perfect world.

The film then follows Wayne House and fellow minister Robert Dean as they lead a Christian Study Tour group to Israel -- among the tens of thousands of Evangelicals who pour into the Holy Land each year. As Wayne and Robert baptize their entourage in the River Jordon, sing the US national anthem on the Sea of Galilee, proclaim love for Israel, and describe how the Dome of the Rock, one of the holiest sites in Islam, must be destroyed in order for Jesus to return, a revealing and controversial relationship between Christian Evangelicals, Jews, and Muslims emerges.

Finally, we follow Wayne House and Robert Dean to a massive gathering in Dallas, Texas, where Evangelicals debate, in highly sophisticated terms, the need to spread Biblical literalism to counter the dangerous effects of post-modernism. The climax of the conference comes as Pastor John Hagee, the enormously influential Texas Minister of an 18,000-member megachurch, declares, "World War III has started."
The Edwards' daughters, in particular, struggle with their own future. If they are raptured soon, how will they ever marry, or have children of their own?

By portraying the Evangelical apocalyptic worldview from within their community, Waiting for Armageddon seeks to clarify the elusive relationship between Christian Zionists and Jews, and foster dialogue among dissenting groups. In the end, the film asks whether this large American voting block is creating a self-fulfilling prophecy of international holy war.

(http://www.waitingforarmageddon.com/aboutfilm.html)

Franco Sacchi, Kate Davis and David Heilbroner

22/08/2011

Docu : Religoulous

Le maître de l'irrévérence américaine, Bill Maher, dresse un état des lieux de toutes les religions du monde en parcourant la planète et en interrogeant des spécialistes et des gens de la rue. Fascinant, instructif, décapant, hilarant, inquiétant et passionnant, Religolo est un instantané de la spiritualité humaine comme personne n'en a jamais vu...
(AlloCiné)




Long-métrage américain
Genre : Documentaire
Durée : 01h40min
Année de production : 2008
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Réalisé par Larry Charles
 











ou

http://www.youtube.com/watch?v=7f8fMmMhwRg

22/08/2011

Docu : Capitalism Is The Crisis

The 2008 “financial crisis” in the United States was a systemic fraud in which the wealthy finance capitalists stole trillions of public dollars. No one was jailed for this crime, the largest theft of public money in history.
Instead, the rich forced working people across the globe to pay for their “crisis” through punitive “austerity” programs that gutted public services and repealed workers’ rights.
Austerity was named “Word of the Year” for 2010.
This documentary explains the nature of capitalist crisis, visits the protests against austerity measures, and recommends revolutionary paths for the future.
Special attention is devoted to the crisis in Greece, the 2010 G20 Summit protest in Toronto, Canada, and the remarkable surge of solidarity in Madison, Wisconsin.
It may be their crisis, but it's our problem.

http://capitalismisthecrisis.net/

A lire également : Le Capitalisme c'est la crise

21/06/2011

L'Europe réduit son aide aux plus démunis

La Commission européenne a annoncé, lundi 20 juin, une sévère réduction l'an prochain de l'allocation au programme d'aide alimentaire destiné aux plus démunis des Européens. L'enveloppe devrait être ramenée à 113 millions d'euros, soit 400 millions de moins que cette année. Selon plusieurs associations caritatives, cette baisse drastique de l'aide aux plus démunis pourrait priver au moins 2 millions de personnes de l'assistance dont elles ont besoin.
Ces dernières années, le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) était alimenté à hauteur d'environ 500 millions d'euros par an. Selon les estimations, 43 millions de personnes dans l'UE sont concernées par la pauvreté alimentaire.

"Cette réduction [des fonds] est le fait d'un arrêt rendu [par la justice européenne] en avril dernier dans lequel la juridiction européenne établit que la réglementation actuelle impose que les denrées couvertes par ce régime proviennent des stocks publics de l'UE" 

...et non de fonds issus du budget de la Politique agricole commune (PAC), a expliqué la Commission dans un communiqué. Du fait de cette décision de justice, les années où l'UE ne dégage pas de stocks, le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) voit ainsi ses moyens drastiquement réduits.

UNE PLAINTE DE L'ALLEMAGNE

La distribution gratuite de nourriture en Europe a été lancée pour la première fois, dans l'urgence, lors de l'hiver exceptionnellement froid de 1986. A cette époque, l'Europe disposait de stocks excédentaires de produits agricoles. Ils avaient été donnés à des associations caritatives qui se chargeaient de leur distribution aux plus démunis. Mais ces stocks européens avaient été supprimés lors de la réforme de la PAC, en 1990.
L'Europe avait élors remplacé les stocks par une enveloppe financière représentant 1 % du budget de la politique agricole de l'Union Européenne, soit 500 millions d'euros attribués aux Etats de l'UE, qui les répartissent entre les associations distributrices. Cet apport financier européen représente pour certaines d'entre elles jusqu'à 50 % de leurs ressources, voire 90 % en Pologne.

Mais, l'Allemagne, soutenue par la Suède, a déposé une plainte devant la Cour européenne de justice au motif que les 500 millions d'euros émanant du budget de la PAC constituaient, selon elle, une aide financière purement sociale qui "aurait perdu tout lien avec la politique agricole commune" et enfreignant les principes de l'OMC (Organisation mondiale du commerce).  La Cour a donné raison à Berlin dans un arrêt rendu en avril dernier. La Commission n'avait pas fait appel.

Publié le 20 juin 2011 par et sur LeMonde.fr avec l'AFP
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/06/20/l-europe-reduit-son-aide-aux-plus-demunis_1538513_3214.html

09/06/2011

DOCU : Jean Ziegler contre l'ordre du monde

"Ce film nous emmène à la rencontre de Jean Ziegler, intellectuel engagé, auteur d’une oeuvre radicale contre “l’ordre cannibale” du monde. Bienveillant sans être hagiographique, le film explore, met en scène la pensée en action de cet homme de 76 ans, plus que jamais en prise avec la réalité du monde. Il l’accompagne sur le terrain de ses combats : ONU, émissions de télévisions et revient sur sa trajectoire d’homme de gauche, ami de Sartre, compagnon de route des mouvements de libération d’Afrique, des guérillas d’Amérique Latine; sur les innombrables combats qu’il a menés, d’abord dans son propre pays, la Suisse. En avant-première, un magnifique portrait, revigorant ! "


http://www.festival-douarnenez.com/fr/editions_passees/regards_croises/a_quoi_revons_nous/jean_ziegler_contre_l_ordre_du_monde

D'Élisabeth Jonniaux 





09/06/2011

DOCU : Debtocracy

"Le documentaire retrace l’histoire de la dette grecque et pointe les responsabilités de la classe politique. Il s’inspire de la situation en Equateur et en Argentine pour soutenir l’idée qu’un rapport d’audit est nécessaire pour négocier l’effacement d’une partie de la dette “odieuse”. Tourné avec l’argent personnel des réalisateurs et les dons de quelques amis, il est diffusé gratuitement sur debtocracy.gr. En moins de dix jours, près de 600 000 visiteurs l’ont visionné."

http://www.festivalmillenium.org/fr/programme/debtocracy

De Katerina Kitidi & Ari Hatzistefanou
http://www.debtocracy.gr/ 



(Pour les sous-titres, cliquez sur CC dans le menu.)

09/06/2011

DOCU : ADICKTED

"Adickted est un documentaire francophone pas trop mauvais sur Philip K Dick, le roi mondial de la science fiction. Une ribambelle de peoples, tous plus fans les uns que les autres, se succèdent pour se pignoler sur leur idole à coup d’anecdotes anecdotiques et pour nous expliquer en quoi l’oeuvre de Dick est un des portraits les plus justes de notre époque.


Ça fait toujours plaisir !!"

http://www.foxylounge.com/ADICKTED-un-doc-sur-Philip-K-Dick 

De Thomas Cazal

(Léon Mercadet (Actuel, Nova Magazine), Bernard Werber, Philippe Starck, Maurice G. Dantec, Philippe Ulrich, Richard Pinhas, La Caution, David Cronenberg, Jim O’Rourke, DJ Spooky ...)

01/06/2011

La vidéoprotection, une gabegie

Après Paris, c'est Marseille, deuxième plus grande ville de France, qui a annoncé son plan "1 000 caméras". La question est à l'ordre du jour du conseil municipal extraordinaire qui a lieu le 30 mai dans la cité phocéenne. De fait, les municipalités de toute taille, de la grande métropole jusqu'au village de zone rurale, sont de plus en plus nombreuses à s'équiper en vidéosurveillance. Elles répondent en cela à une "priorité" de la politique de sécurité depuis 2007. Et pourtant, l'efficacité de cette technologie est tout sauf démontrée du point de vue scientifique.

Rappelons d'abord que la vidéosurveillance est utile à bien des choses : pour surveiller des entrepôts, des dépôts et des parkings, afin de lutter contre le vol de matériel. Les banques l'utilisent pour filtrer les entrées et sorties et réduire les risques de braquage. Des magasins s'en servent contre le vol à l'étalage. Les casinos pour repérer les tricheurs.

La vidéosurveillance contribue aussi à la sécurité publique. On l'utilise pour surveiller le trafic autoroutier, et prévenir les accidents dans les sites industriels sensibles... Tout cela existe et fonctionne plus ou moins bien depuis longtemps. La vidéosurveillance est en effet utilisée dans des buts précis, afin de gérer des risques concrets bien identifiés.

Mais ce que l'Etat appelle désormais "vidéoprotection" et qu'il tente de généraliser à toutes les collectivités territoriales (et aux bailleurs sociaux) par une pression politique et une incitation financière, c'est autre chose. Il s'agit ici de déployer des caméras dans l'espace public, dans les rues de nos villes et de nos villages, pour y surveiller tout en général et rien en particulier, en affirmant que cela aura des effets à la fois préventifs et répressifs permettant de diminuer la délinquance.

Or, les évaluations scientifiques contredisent cette affirmation, remettant ainsi en question la bonne gestion de cet argent public. Précisons d'abord que, par définition, l'évaluation scientifique ne peut être menée que par des chercheurs indépendants du pouvoir politique et des entreprises privées commercialisant cette technologie. L'éthique scientifique ne tolère pas le conflit d'intérêts.

Ensuite, l'évaluation scientifique ne se situe pas sur le terrain philosophique mais sur celui des faits. Elle cherche en l'espèce à répondre aux questions suivantes : la vidéoprotection est-elle une technique efficace de lutte contre la délinquance ? Est-elle un investissement rationnel au regard de l'évaluation d'autres outils de prévention et de répression ? Enfin, une évaluation scientifique repose sur des études de terrain, des observations longues et répétées de fonctionnements ordinaires des dispositifs, des comptages et des calculs précis, des comparaisons rigoureuses et une connaissance de la littérature scientifique internationale.

Tout cela se distingue des arguments des promoteurs politiques et financiers du système, qui utilisent des exemples spectaculaires mais isolés, des faits divers réels mais décontextualisés, des arguments d'autorité au lieu de démonstrations vérifiables et des calculs budgétaires qui "oublient" de compter le coût salarial. Pour toutes ces raisons, beaucoup d'élus et de citoyens seront sans doute surpris d'apprendre que, premièrement, la vidéoprotection n'a qu'un impact marginal sur la délinquance ; deuxièmement, qu'augmenter cet impact supposerait des moyens policiers supplémentaires alors qu'ils se réduisent ; troisièmement, que le coût réel du système "assèche" tellement les budgets de prévention de la délinquance que l'on doit conclure à un usage très contestable de l'argent public. Développons un peu.

1. La vidéoprotection ne surveille par définition que l'espace public et elle est installée dans les centres-villes. Elle n'a donc aucun impact sur les violences physiques et sexuelles les plus graves et les plus répétées qui surviennent dans la sphère privée. Elle n'en a pas davantage sur les atteintes aux personnes, moins sérieuses, survenant sur la voie publique et qui relèvent le plus souvent d'actes impulsifs (bagarres, rixes entre automobilistes, querelles de sortie de bar, etc.).

Elle n'a ensuite qu'un impact dissuasif marginal sur des infractions fréquentes comme les vols de voiture, les cambriolages de résidences principales ou secondaires, et même sur toute la petite délinquance de voie publique des centres-villes où elle est installée. En réalité, la vidéo permet surtout de repérer et d'identifier a posteriori les auteurs de rixes et d'attroupements sur la voie publique, de dégradations de biens publics ou privés sur la voie publique, enfin, et plus rarement, de vols avec violence, de vols à l'étalage, de braquages de commerces ou encore de petits trafics de stupéfiants.

Tout cela à condition que les caméras soient positionnées sur les lieux de ces délits au bon moment, ce qui est loin d'être le cas, puisque la plupart des caméras effectuent des "parcours" prédéfinis laissant des zones sans surveillance pendant plusieurs minutes.

En définitive, l'impact en termes de détection d'infractions autres que routières se situe entre 1 % et 2 % du total des infractions sur la voie publique traitées en une année par les services de police ou de gendarmerie sur le territoire de la municipalité concernée.

Enfin, l'aspect judiciaire n'est guère plus probant. Les réquisitions d'images à des fins d'enquête après des infractions sont du même niveau statistique, sans que l'on sache si ces images ont été exploitables et exploitées dans la suite des procédures judiciaires. On est donc loin, très loin, d'un système efficace de prévention de la délinquance. Ce bilan plus que médiocre conduit nombre de villes déjà équipées à mobiliser la vidéosurveillance à d'autres usages qui permettent d'en légitimer l'utilité : le contrôle de la circulation et du stationnement, la sécurisation de l'intervention des policiers, des pompiers ou des ambulanciers.

2. Il existe de nombreuses évaluations étrangères (Angleterre, Australie, Canada, Etats-Unis...), qui montrent que, dans de rares cas, l'impact de la vidéosurveillance peut être plus important. Quel est le facteur-clé ? Contrairement au discours dominant en France, ce n'est pas l'augmentation du nombre de caméras. L'expérience londonienne (au moins 60 000 caméras, soit autant que ce qui est prévu pour la France entière) le montre. Il ne sert à rien de chercher à "saturer" l'espace et de s'émerveiller devant des murs d'écrans donnant le sentiment de voir et de contrôler toute une ville au même moment.

La clé réside dans le couplage étroit de la vidéosurveillance avec les forces de police présentes dans la rue, afin d'accroître le niveau d'information des policiers, mais aussi de diminuer leur temps d'intervention.

En d'autres termes, il ne sert pas à grand-chose de repérer plus vite un problème si la police n'intervient pas plus vite. Dès lors, la situation française apparaît dans tout son paradoxe, pour ne pas dire dans son absurdité puisque la vidéoprotection est promue par les pouvoirs publics comme un substitut et une contrepartie à la réduction des effectifs policiers.

3. Il est sans doute inévitable que des entreprises à but lucratif cherchent à vendre leurs produits à tout prix, en les présentant comme dotés de facultés qu'ils n'ont qu'en partie et en dissimulant les coûts réels pour l'utilisateur. Cela se constate dans tous les domaines, et le marché privé de la sécurité n'échappe pas à la règle.

Il est en revanche plus étonnant que l'Etat participe à ce marketing par l'intermédiaire des préfets, ainsi que de fonctionnaires de police et de gendarmerie chargés de relayer sur le terrain le "plan de vente" des entreprises privées. En effet, les caméras perdent toute efficacité préventive lorsqu'elles ne sont reliées à aucun système de visionnage en temps réel et qu'une municipalité ou un bailleur ne peut donc qu'espérer, par exemple, récupérer le matin une image exploitable d'une infraction commise la veille.

Et que l'on ne dise pas que le raccordement des caméras aux postes de police ou de gendarmerie résoudra le problème puisque, encore une fois, cela s'effectue conjointement à la réduction du nombre de ces fonctionnaires et donc de leur disponibilité pour des missions nouvelles. En réalité, pour avoir des chances de donner des résultats, le système de caméras doit être relié à un centre de supervision dans lequel des opérateurs visionnent les images 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365.

De plus, ces opérateurs doivent être assez nombreux pour limiter le nombre d'écrans à visionner faute de quoi, au bout de quelques minutes, les observations montrent qu'ils ne voient plus rien. Ainsi, l'on est en train de rompre l'égalité de traitement du service public et de compromettre toute politique globale et intégrée de prévention de la délinquance, au profit d'un mirage technologique que seules les communes les plus riches pourront s'offrir pour des profits qui s'estimeront davantage en termes de visibilité politique et de sentiment d'insécurité que de lutte efficace contre la délinquance. S'agit-il en tout cela d'une politique rationnelle, efficace et bonne gestionnaire des deniers publics ? Il est permis d'en douter.

Publié le 30 mai 2011 par Eric Heilmann, Tanguy Le Goff et Laurent Mucchielli sur LeMonde.fr
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/30/la-videoprotection-une-gabegie_1529441_3232.html 

Eric Heilmann est professeur à l'université de Bourgogne ;
Tanguy Le Goff est chercheur à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France ;
Laurent Mucchielli est directeur de recherches au CNRS.

01/06/2011

Des femmes anarchistes se réapproprient la nuit avec style

Parées de jupes noires et de masques, des douzaines de femmes se sont réunies samedi soir à Brooklyn (New-York, USA) pour une marche de Nuit contre le Capitalisme, bloquant la circulation sur Bedford Avenue, renversant du mobilier urbain et brisant des vitrines. Fatiguées de chanter docilement des slogans sur les trottoirs des campus, nous avons repris la nuit en nous en saisissant, refusant les mécanismes structurels qui créent les violeurs et leurs "victimes".

Bien que ces dernières années les marches de nuit ont été récupérées et édulcorées par des féministes gauchistes et bourgeoises, elle ont leurs racines dans l’agitation diffuse de l’Italie de la fin des années 70s. En 1976, une fille de dix-sept ans fut violée en réunion à Rome. Une année plus tard, alors que l’affaire se retrouvait devant le tribunal, elle fut violée à nouveau par les mêmes hommes : cette fois, son corps entier fut lacéré avec des rasoirs dans une tentative de la réduire au silence. En quelques heures, quinze mille femmes se sont mobilisées, se sont uniformément habillé comme les travailleuses du sexe de leurs quartiers ; « Plus de mères, de femmes et de filles : détruisons les familles ! » Était le cri que l’on entendit dans les rues. Elles finirent à deux doigts de foutre le feu au quartier.

Quarante ans plus tard, nous avons marchés de nouveau, pour refuser la violence qui continue à nous forcer d’être des ménagères et des fuck-toys, des mères et des filles à papa. Pour refuser de comprendre l’oppression des femmes dans la sphère privée comme une simple question culturelle ou idéologique. Nous voyons le capitalisme et le patriarcat comme un seul système intrinsèquement connecté. Nous ne demandons pas de droits : nous exigeons quelque chose d’entièrement diffèrent.

Une femme dans la rue nous a stoppé, essayant de provoquer une joute : "pourquoi faites-vous cela ?" Une réponse rapide : "parce que nous ne pouvons plus supporter le viol et le maquillage." La femme répond : "contentez vous de vous bourrer la gueule et de tirer un coup." Mais cela ne convient plus du tout à nos exigences.

Nous ne demandons plus le droit de prendre la rue, nous la prenons ; nous ne demandons plus que les publicités cessent de transformer les femmes en objet, nous détruisons les mécanismes commerciaux qui objectivent les femmes ; nous n’en appelons plus au pouvoir masculin de cesser les viols, nous menaçons directement : "Si tu me touche, je t’expose la gueule."

Pour une fois, les mécanismes qui créent et maintiennent les identités de la féminité ont été refusés, et nos désirs étaient les nôtres, nos corps étaient les nôtres et notre violence était la notre.

We’ll show you crazy bitches : take back the night !

Traduit de l'anglais et publié le 30 mai 2011 par Non Fides
http://www.non-fides.fr/?Des-femmes-anarchistes-se

 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST