21/04/2011

Les USA voulaient bloquer l’enquête de l’ONU sur l’offensive d’Israël à Gaza

Des documents WikiLeaks révèlent que les Etats-Unis ont agi en sous-main pour aider Israël à contrecarrer le travail d’enquête de l’ONU sur de possibles crimes de guerre commis lors de l’offensive israélienne à Gaza à l’hiver 2008/09

Les Etats-Unis ont agi en sous-main pour aider Israël à contrecarrer le travail d’enquête de l’ONU sur de possibles crimes de guerre commis lors de l’offensive israélienne à Gaza à l’hiver 2008/09, selon des documents WikiLeaks publiés par le site Foreign Policy.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, aurait été en première ligne pour saper les efforts des Nations unies visant à faire la lumière sur l’opération «Plomb durci», explique Foreign Policy, un site américain spécialisé dans les affaires étrangères qui publie une série de notes diplomatiques dévoilées par WikiLeaks.

Le 4 mai 2009, Susan Rice s’est entretenue à trois reprises avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Elle essayait de le convaincre de supprimer d’un rapport sur les sites des Nations unies à Gaza touchés par l’offensive des recommandations appelant à une enquête plus large sur le sujet. Susan Rice soulignait alors qu’une telle enquête n’est «pas nécessaire» et que l’affaire doit être «classée», selon un câble diplomatique américain.

Devant l’insistance de l’ambassadrice américaine, Ban Ki-moon, au départ réticent, finit par lâcher du lest et se voit «remercié» par Susan Rice pour ses «efforts exceptionnels», selon un câble diplomatique.

Plus tard en 2009, les Etats-Unis exercent de nouvelles pressions pour limiter les investigations lancées par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui a nommé le juge sud-africain Richard Goldstone à la tête d’une commission d’enquête sur d’éventuelles violations des droits de l’homme lors de l’opération à Gaza.

Publié en septembre 2009, le rapport Goldstone accuse Israël et des groupes armés palestiniens à Gaza de «crimes de guerre», voire de «crimes contre l’humanité» lors de l’offensive qui a coûté la vie à 1440 Palestiniens et 13 Israéliens.

Israël a demandé son retrait après que son auteur a dit avoir affirmé à tort que l’Etat hébreu avait visé intentionnellement des civils lors de l’offensive contre Gaza. La publication du rapport Goldstone a coïncidé avec de nouveaux efforts américains pour relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Lors d’une rencontre avec le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Dany Ayalon, Susan Rice expliquait que les «Etats-Unis examinent toujours le rapport et restent préoccupés concernant […] de nombreuses recommandations», selon une note révélée par WikiLeaks.

Elle lui demande ensuite d’aider Washington «à avancer sur le processus de paix», soulignant que le rapport Goldstone «serait plus facile à contrôler si des progrès sont enregistrés».

Publié le 19 avril sur LeTemps.ch
http://letemps.ch/Page/Uuid/c7dfc7d0-6a8c-11e0-8407-b0edb564f8e4|0

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