02/03/2011

Retour de brun

Œuvre de Conrad Felixmüller, L’Agitateur.
Depuis quelques mois, ils relèvent la tête (rasée). Multiplient les sorties. Essaient de s’incruster dans les manifestations et rendez-vous de gauche. Surfant sur le très réactionnaire esprit du temps, cachant (un peu) leur jeu à la manière des néo-fascistes italiens ou des nationalistes allemands, les groupes de l’extrême-droite radicale française passent à l’offensive. Une montée en puissance inquiétante.

Paris, 24 janvier 2009. Grande manifestation de soutien à la Palestine, quelques jours après que les Israéliens ont mis fin à l’opération « Plomb durci », déluge de bombes lâchées sur la bande de Gaza. Au rendez-vous place Denfert-Rochereau, une cinquantaine de militants du Centre Zahra – groupuscule chiite radical et antisémite [2] – déploient une banderole « Front uni contre le sionisme ». Pas pour longtemps : le service d’ordre et les antifascistes interviennent rapidement, repoussant les indésirables – qui ont reçu le renfort des membres d’Égalité et Réconciliation, le mouvement rouge-brun d’Alain Soral. Quelques échauffourées n’y changent rien : la petite centaine de militants d’extrême-droite, étrange alliance de voiles et de drapeaux bleu-blanc-rouge, en est réduite à voir passer la manifestation de loin.

Même cause, autres effets. Paris encore, 5 juin 2010 : manifestation de soutien à la Palestine, quelques jours après que les Israéliens ont pris d’assaut la flottille humanitaire tentant de gagner Gaza. Parmi la dizaine de milliers de manifestants, une bonne cinquantaine de membres d’Égalité et Réconciliation. Brandissant des drapeaux tricolores et mêlés au cortège de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), ces derniers effectuent le parcours de bout en bout. En toute quiétude. Hors quelques résistances et protestations individuelles, personne pour s’étonner de leur présence et les expulser de la manifestation. Comme si Égalité et Réconciliation était à sa place, toléré dans le paysage militant.

Paris toujours, 24 novembre 2010. Devant l’hôtel Crillon, répondant à l’invitation du réalisateur Pierre Carles et du documentariste Michel Fiszbin, près de 300 personnes huent et chahutent gentiment les participants au dîner du Siècle, club très privé réunissant chaque mois les élites patronales, politiques et médiatiques françaises. Joie, cotillons, lazzi et bonne humeur. Sauf que – à nouveau – des invités surprises se mêlent à la (contre) fête. Des complotistes de We Are Change et de ReOpen911 [3], ainsi que deux militants d’Égalité et Réconciliation, distribuent des tracts, avant d’être éjectés du rassemblement. Plus en retrait, regroupés derrière une banderole « Changeons de siècle, pouvoir au peuple », une quinzaine de néo-fascistes du MAS (Mouvement d’action sociale) font le pied de grue, trop nombreux pour être facilement repoussés ; ils partiront finalement d’eux-mêmes, au bout d’une heure.

Ces tentatives d’infiltrations, réussies pour les deux dernières, valent parfaite illustration. De l’appétit renouvelé d’une frange de l’extrême-droite, raciste et anti-parlementariste, qui entend elle-aussi surfer sur le très réactionnaire esprit du temps - sarkozysme triomphant en France et extrême-droite parlementaire à la fête dans une bonne partie de l’Europe. De sa volonté de profiter d’un espace ouvert par une certaine déliquescence de l’appareil politique du FN. De son ambition de parasiter certains fronts de contestation, en se présentant sous un nouveau jour et en jouant sur des ambiguïtés. Et du manque de réaction des militants de gauche (au sens large), trop peu informés des nouvelles formes que peut prendre l’extrême-droite et insuffisamment déterminés à la combattre. «  Il y a dix ans, une infiltration comme celle d’Égalité et Réconciliation à la manifestation de soutien à la Palestine du 5 juin n’aurait même pas été envisageable : ils n’auraient jamais osé, remarque un membre de la revue antifasciste Reflex(es) [4]. Désormais, ils n’hésitent plus - spécialement dans les manifestations pro-palestiniennes. Et je crains qu’il n’en aille bientôt de même pour le mouvement social : un jour ou l’autre, on va les voir débouler.  » Un scénario catastrophe ? Même pas. Disons : un futur vraisemblable et prévisible.

Pour l’instant, les choses se jouent à la marge. Les groupes d’extrême-droite tentent de s’agglomérer aux actions et rassemblements contestataires quand ceux-ci n’ont pas de service d’ordre ou quand les antifascistes y sont en nombre réduit. Ils avancent ainsi leurs pions progressivement, se montrent, habituent à leur présence. Ils savent qu’être présent sans déclencher de réaction des autres manifestants est déjà une victoire. Signe qu’ils seraient légitimes dans les cortèges. Et preuve de la dynamique de leurs mouvements.

Nouveaux visages ?

Hors les boneheads [5] et les nationalistes les plus acharnés, la plupart des formations de l’extrême-droite radicale ont intégré la nécessité de se montrer sous un jour nouveau. De faire accroire aux naïfs qu’ils auraient coupé les ponts avec certaines de leurs pratiques les plus spectaculairement choquantes (recours à la violence physique, salut hitlérien, racisme et antisémitisme forcenés) pour présenter un visage un peu apaisé et moderne. Exemple emblématique, les Identitaires, nébuleuse regroupant le Bloc du même nom (qui revendique 2 000 adhérents), quelques associations et des déclinaisons régionales. Essentiellement raciste, prônant la sauvegarde des identités régionales, le mouvement sait mieux que nul autre fausser les apparences [6] et se donner une image moins guerrière - même si ses membres ne répugnent pas au coup de poing. Il joue ainsi sur les mots – revendiquant la « défense de la laïcité » ou la « lutte contre l’islamisme » plutôt que la « chasse aux musulmans ». Il met en place des événements très médiatiques – les "Assises contre l’islamisation", récemment organisées par les Identitaires au cœur de Paris, ont fait le plein de journalistes, assurant au Bloc une couverture médiatique inespérée. Il multiplie les alliances conjoncturelles pour gagner en respectabilité – ces mêmes assises étaient organisées en partenariat avec Riposte Laïque, et deux élus UMP, Christian Vanneste et Xavier Lemoine, avaient été invités à y prendre la parole [7]. Et il annonce déjà qu’il présentera un candidat à la présidentielle de 2012 : Arnaud Gouillon, jeune homme à l’allure de gendre parfait.

Voilà pour le visage extérieur, celui d’une apparente quête de respectabilité et de légitimité. Mais attention : « Cela concerne uniquement les meneurs. La base des Identitaires reste – justement - très basique, remarque le membre de Reflex(es). Elle ne se sent pas du tout concernée par ce souci de se présenter sous un meilleur jour. » C’est que le vrai fondement du succès des Identitaires, groupuscule rapidement monté en sauce au sein de l’extrême-droite, est ailleurs, dans le renouvellement d’un imaginaire d’essence fasciste, sauce XXIe siècle. Il s’agit de parier sur une conception culturelle de la politique, de jouer sur ses marges esthétiques et visuelles : le projet Apache, ancrage jeune et parisien du Bloc Identitaire, incarne parfaitement, avec son graphisme léché et ses affiches soignées, ce renouveau axé sur la communication. « Ils ont réalisé une mutation à l’italienne, poursuit le rédacteur de Reflex(es). L’emballage a été modifié – ils se sont réinventés une identité visuelle et culturelle – mais le fond reste le même. »

Une mutation d’autant plus aisé que ce fond – l’idéologie – est très faible. Un point mis en avant par le chercheur Jean-Yves Camus [8] : « Le préjugé du sens commun considère l’extrême-droite comme la famille politique produisant, plus que toute autre en dehors de la nébuleuse marxiste, de l’idéologie. Bardée de certitudes tranchées, volontiers polémique, accrochée à des systèmes de pensée qui entendent englober la totalité des champs de la vie politique, sociale et intellectuelle, on l’imagine volontiers dirigée par des bâtisseurs de systèmes. La vérité est pourtant à l’opposé : l’imaginaire de l’extrême-droite est fait avant tout de ’visions du monde’, d’images fugaces arrivant en gerbes, et qui dessinent un univers intellectuel dans lequel l’attitude et le style importent finalement davantage que la cohérence.  » À ce petit jeu, celui des « images fugaces arrivant en gerbe », les Identitaires se montrent plutôt doués. Mais ils ne sont pas les seuls : des Autonomes nationalistes lorrains à Égalité et Réconciliation ou au Mouvement d’action sociale, une bonne part des groupes de l’extrême-droite radicale partagent ce goût pour la forme superficielle, l’idéologie et le discours ne s’élevant guère au-dessus du niveau de vagues platitudes anti-système et d’éternelles dénonciations des supposés ennemis de la France. Las : c’est justement cela qui se révèle payant.

Vitalité européenne

Ce renouvellement de la forme et de l’apparence s’appuie essentiellement sur le « modèle » italien : en France, ils sont un certain nombre à lorgner sur le modèle néo-fasciste transalpin, resucée de l’héritage mussolinien à la sauce troisième millénaire qui met l’accent sur une (prétendue) action sociale de proximité. Pour porte-drapeau, le mouvement Casa Pound, du nom d’un squat fasciste ouvert en 2007 en plein centre de Rome, copiant ouvertement la réussite des centres sociaux gauchistes.

Squat de Casa Pound, à Rome.
Se revendiquant fascistes tout en refusant l’étiquette d’extrême-droite, camouflant leur profond racisme derrière des actions centrées autour de la « lutte contre l’usure » ou contre la vie chère, mettant en avant leurs goûts culturels – graphiques ou musicaux [9] -, les membres de ce mouvement réussissent habilement à brouiller les genres. Et donc à aplanir une partie des critiques à leur encontre : « On est parfaitement intégrés culturellement dans le quartier et dans la ville. Quand les gens voient les affiches de Casa Pound, ça ne pose pas de problème, même si elles comportent des symboles fascistes ou s’il y a ’fascisme’ inscrit dessus. On a importé le fascisme dans ce millénaire, en le modernisant un peu et en l’adaptant à la société actuelle », revendique ainsi Simone [10], membre romain du mouvement. « L’idée qui sous-tend ce type d’opération renvoie à l’imaginaire, le véritable point de force du groupe Casa Pound, écrit la revue Reflex(es) [11]. À travers une série de slogans et un vocabulaire novateurs, un graphisme coordonné, des instruments d’auto-narration […], le groupe cherche à renforcer et à construire une rhétorique épique qui permet de le rendre plus compact et résistant. » Une recette qui fonctionne : Casa Pound a essaimé à travers tout le pays, ouvrant une dizaine de « centres sociaux » dans des bâtiments squattés.
De quoi pousser certains à piocher dans les mêmes ingrédients. En France, le Mouvement d’action sociale se revendique explicitement du modèle Casa Pound, tentant de se positionner sur un même créneau « social » et de surfer sur des préoccupations quotidiennes - notamment la malbouffe : le MAS a effectué plusieurs « opérations » contre des fast-foods, avec distribution de tracts et du célèbre documentaire Super Size me. À Paris, le squat du Château-Pirate vient de faire très récemment parler de lui, par le biais d’un article publié sur le site Indymedia Paris [12] pour ses accointances douteuses et ses sympathies conspirationnistes : l’article pointait notamment l’organisation d’une exposition avec certains artistes se revendiquant d’extrême-droite. Quant à Serge Ayoub, figure historique du milieu bonehead parisien qui vient de lancer une formation à prétention syndicaliste, « Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste », il dit vouloir reproduire le mode de développement de Casa Pound et rêve de créer des « bases autonomes » sur tout le territoire français.
Les néo-fascistes italiens ne sont pas les seuls à avancer (relativement) masqués : en Allemagne aussi, un mouvement – celui des autonomes nationalistes – s’ingénie à brouiller les cartes, tout en prétendant renouveler les canons historiques du genre. Récupérant les codes vestimentaires (sweats à capuche et cagoules noires) et les symboles de l’extrême-gauche, plus particulièrement des black blocs, défilant derrière des banderoles dénonçant le capitalisme ou l’impérialisme, ils ressemblent beaucoup à ceux dont ils usurpent les codes. Mais se revendiquent de l’idéologie nationaliste et néo-nazie.

On retrouve un semblable mouvement, quoique beaucoup plus embryonnaire, dans l’Est et le Nord de la France. Avec Nancy pour tête de pont : c’est là que ce réseau informel, nommé Nationalistes autonomes lorrains et s’étant donné la formule « Libre, social, autonome » pour devise, se montre le plus agressif. À tel point qu’en novembre dernier, le maire de la ville a demandé au ministère de l’Intérieur la dissolution du groupe, «  en raison d’une volonté affichée, par des pratiques violentes et agressives, de générer des troubles publics systématiques ». Le 8 février, cinq d’entre eux ont finalement été interpellés, reconnaissant de nombreuses agressions contre des militants de gauche et d’extrême-gauche [13].

Hold-up idéologique

Il est des hommes qui, dans le monde de l’extrême-droite radicale, incarnent parfaitement la tentative de hold-up opéré sur certaines valeurs de la gauche. L’un – Alain Soral – se revendique, mensonger syncrétisme, de «  la gauche des idées et la droite des valeurs » [14]. L’autre, Serge Ayoub, prétend incarner une alternative entre «  un monde libéral et un monde marxiste », tout en appelant à « la grève générale » et à « la démocratie directe ». Tous deux se retrouvent pour refuser l’étiquette d’extrême-droite, poussant parfois le bouchon jusqu’à s’afficher hommes de gauche. Une revendication qui ne trompe (presque) personne.

L’essentiel est ailleurs : cette prétention à se prétendre au-delà de la droite et la gauche ne renvoie pas seulement au corpus historique du fascisme français - «  Le slogan ’ni droite ni gauche’ indique historiquement presque toujours une idéologie de type nationaliste-révolutionnaire. Zeev Sternehell y voit même l’origine française du fascisme  », note Jean-Yves Camus [15]. Elle se base surtout sur cette certitude qu’il y a là un « coup » à jouer, sur le constat que les forces de gauche ont perdu leur capacité à porter les aspirations de changement et que le sentiment de révolte partagé par une fraction croissante de la population peut très bien se marier avec les simplistes discours anti-système de l’extrême-droite. Presque un boulevard, donc. Ce qu’exposait très clairement Alain Soral, lors d’une réunion au soir du 1er mai 2008 [16] : « On peut en rendre perplexe certains en ayant un discours très pointu sur la mondialisation néo-libérale, où parfois on peut même donner des leçons à ce petit con de Besancenot […]. Il ne faut pas avoir de complexes : nous sommes l’avant-garde et nous n’avons de leçons de modernité à recevoir de personne. Surtout quand on voit que ceux qui ont pu incarner l’avant-garde à un moment, c’est-à-dire l’extrême-gauche, font aujourd’hui le tapin pour les néo-libéraux américains […]. On a un énorme espace, en réalité. »

Un énorme espace. C’est cela qui fait rêver un Serge Ayoub, nationaliste forcené émaillant son discours de (très) vagues références à la lutte des classes pour annoncer le lancement de son étrange syndicat « Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste » [17] et affirmant benoîtement : «  Si nous nous permettons de rentrer dans les luttes sociales, c’est que nous avons compris […] que le principal ennemi est le capital transnational. » C’est aussi cela qui motive les groupuscules ayant participé à la traditionnelle journée de mobilisation du 9 mai, dont la dernière édition – qui a notamment réuni Égalité et Réconciliation, les Autonomes nationalistes lorrains et le GUD [18] - était placée sous le sceau de la lutte « contre le mondialisme » : la vidéo d’appel à manifestation reprenait ainsi des images des ouvriers de Continental en lutte et de cheminots en grève [19]. Et c’est – enfin - cela qui fonde le discours du MAS, qui se présente ainsi sur son site : « Il n’y a pas de fatalité : l’immigration, la crise sociale, la perte d’identité, le chômage, la consommation de masse, la destruction de la nature sont des maux directement produits par le capitalisme mondial. Notre peuple souffre, écrasé par les lois de l’argent et du politiquement correct […], abruti par ce monde de publicité et de bonheur marchand.  »

Il y a sept jours, les membres du Projet Apache, branche parisienne des Identitaires, manifestaient dans un fast-food de la capitale.

Un tel discours peut surprendre dans la bouche d’extrémistes de droite. Il n’a pourtant rien de fondamentalement nouveau, précise le membre de Reflex(es) : « On constate clairement une recrudescence d’activités conduites sur ces thématiques. Mais elles n’ont rien de réellement neuves pour l’extrême-droite : cela fait des années que certains de ces groupes reprennent des thèmes de gauche, dont l’écologie et la malbouffe [20]. Sauf qu’ils n’allaient pas plus loin que la rédaction de tracts et la confection d’autocollants, alors qu’ils passent désormais à l’acte et montent des actions autour de ces thèmes.  » Un « passage à l’acte » sans doute facilité par le fait que quelques figures de l’extrême-droite aient – auparavant – transité par les rangs de la gauche, voire de l’extrême-gauche : Alain Soral était membre du Parti Communiste à la fin des années 1990 ; Dieudonné a un temps milité contre le Front National ; et l’association Riposte Laïque compte, parmi ses membres fondateurs, d’anciens trotskystes. Soit autant de personnages, familiers des combats de la gauche, qui ont pu faciliter la récupération de certains de ses thèmes.

Nécessaire auto-défense

Facteur aggravant : alors que ces groupuscules se sentent pousser des ailes et réalisent de réelles percées, l’antifascisme est à la peine. «  Il y a toujours eu deux sortes d’antifascisme, l’un radical et l’autre moral. Le deuxième s’est cassé la gueule à force de récupérations, et le premier peine à se renouveler, d’autant qu’il est frappé de plein fouet par la répression policière », précise le rédacteur de Reflex(es). Les Assises contre l’islamisation, organisées par les Identitaires et Riposte Laïque, se sont ainsi tenues en plein XIIe arrondissement, quartier d’habitude « tenu » par les antifas ; quant à la manifestation de protestation contre l’événement, elle n’a réuni que deux cent personnes.

Que faire, alors ? Connaître l’ennemi, être au fait de ses mutations et évolutions. Et se préparer à le rencontrer souvent. « L’organisation et l’auto-défense, il n’y a pas d’autre solution. Parce qu’il faut être clair : on va les voir de plus en plus  », explique une figure connue du milieu antifasciste parisien. Et d’insister : « Les militants doivent se prendre en main, et intégrer l’idée qu’il est désormais possible de tomber sur ces gens dans nos manifestations. À chacun de prendre ses responsabilités et de réagir.  » Pas mieux.

Notes

[1] Œuvre de Conrad Felixmüller, L’Agitateur.
[2] Du Centre Zahra est né le Parti Anti Sioniste ; ce dernier s’est associé à Dieudonné et à Alain Soral pour présenter une « liste antisioniste » aux élections européennes de juin 2009.
[3] We are change et ReOpen 911 sont deux associations complotistes. La première prétend œuvrer à la fois contre « le Nouvel ordre mondiale » et contre « le sionisme » ; la seconde s’est constituée pour mettre à bas « la vérité officielle » sur le 11 septembre 2001, élargissant ensuite son domaine d’action. Les deux entretiennent des relations troubles avec l’extrême-droite.
[4] Entretien réalisé par téléphone. Par ailleurs, la lecture des articles de Reflex(es), très informés et d’excellente facture, est vivement conseillée.
[5] Les boneheads sont des skinheads d’extrême-droite ; le mouvement skinhead compte aussi une mouvance apolitique et une autre d’extrême-gauche (redskins).
[6] Jusqu’à de très étonnants grands écarts. La cellule niçoise des Identitaires (Nissa Rebela) a ainsi organisé, le 5 novembre 2010, une (très petite) manifestation en soutien au peuple tibétain :
[7] Devant le tapage médiatique, les deux hommes ont finalement préféré s’abstenir. Par ailleurs, Reflex(es)révèle que la sécurité de l’événement était assurée par la LDJ (Ligue de défense juive), groupuscule sioniste très violent. Au gré de la conjoncture et à la faveur d’une même haine des musulmans, d’étranges alliances se nouent...
[8] Dans un article titré «  L’Extrême droite : une famille idéologique complexe et diversifiée  » et publié dans le n° 68 de la revue La Pensée et les hommes.
[9] Casa Pound s’est ainsi lancé autour du groupe Zeta Zero Alfa.
[10] Dans un reportage d’Arte.
[12] Le papier est œuvre de Marie-Anne Boutoleau.
Par ailleurs, cette référence au squat du Château-Pirate ne figurait pas dans la version originale de la version papier.
[13] Si cinq sympathisants de ce mouvement ont été interpellés à Nancy, d’autres restent actifs aux alentours. Par exemple dans les Vosges, rapportait le Mrap il y a deux jours : « Un tract de la mouvance néonazie des Nationalistes Autonomes vient d’être distribué, ces deniers jours, à Epinal (88). Ce tract renvoie vers une chanson, dont la vidéo a été postée sur Internet, intitulée " Une ratonnade". Les auteurs de ce texte extrêmement violent appellent entre autres à "une ratonnade, le massacre des sales Rebeus" (sic) - visant les personnes d’origine arabe -, à "un carnage", et ils s’exclament : "J’ai envie de buter un macaque". ».
[14] Ce qui renvoie à la formule d’un Jean-Marie Le Pen se prétendant, en 2002, «  socialement à gauche » et «  économiquement de droite  ».
[15] En un entretien accordé à Gauchebdo et publié le 26 novembre 2010.
[16] Dans une vidéo exhumée par l’excellent blog Droite(s) Extrême(s), alimenté par deux journalistes du Monde.
[17] Qui s’inscrit clairement dans la lignée du groupe auquel appartenait le bonehead Ayoub dans les années 80, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, formation elle-même membre du mouvement Troisième Voie de Jean-Gilles Malliarakis.
[18] Groupe Union Défense, organisation étudiante tristement célèbre, par le passé, pour son activisme sur le campus d’Assas.
Par ailleurs, voici le flyer de la manifestation du 9 mai :
[19] S’attirant – pour réponse – un salutaire communiqué de Sud-Rail et de la CGT-Continental : « Nos grèves et manifestations ne sont pas récupérables par les fascistes. »
[20] Dans le même esprit, la revue Flash, bimensuel d’extrême-droite, n’hésite pas à se revendiquer altermondialiste...

Cet article a été initialement publié dans le numéro 2 de la version papier d’Article11.

Publié le 26 février 2011 par JBB sur Article XI

 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST